"Origine : la Tradition
"Parce que Dieu s'est fait homme, qu'il est venu habiter parmi
nous, nous pouvons peindre son visage, celui de sa mère et de
tous les Saints"" écrit Saint Jean Damascène
dans son traité sur la ""Défense des Saintes
Icônes"". L'Incarnation est la source de toute Icône.
L'Icône n'est pas le fruit de l'intuition, de l'imagination. Elle
est le fruit d'une tradition et de la méditation. Elle est une
uvre où toute la foi de l'Eglise et celle de l'Iconographe,
sous la lumière de l'Esprit, s'exprime, et c'est là sa
seule valeur, il n'est qu'un serviteur de la Parole, c'est pourquoi
les icônes sont rarement signées.
La beauté de l'Icône n'est pas de l'ordre de l'esthétique
seulement, elle est le reflet de l'action de Dieu dans le corps, l'âme
et l'esprit de celui qui s'ouvre à lui. Toutes les personnes
représentées sont des êtres transfigurés
et sont des modèles de vie pour les croyants.
La partie centrale de l'Icône est le visage. Il est le lieu de
la PRESENCE de DIEU. L'échange des regards nous apprend à
regarder mais surtout à nous laisser regarder pour que la LUMIERE
nous envahisse.
Par l'Icône nous sommes appelés à participer à
la beauté du Créateur de l'univers.
Un peu d'histoire.
A la source de tout l'art chrétien se trouve l'Icône. L'élaboration
des sujets influencera les sculpteurs de nos cathédrales romanes.
L'art de l'icône a pris naissance à la ""Paix
constantienne"" au IVème siècle qui donna la
liberté de culte aux chrétiens jusqu'alors persécutés
et condamnés à vivre cachés. Des églises
sont construites et l'Empereur Constantin demande aux moines de les
orner.
Le terme ""Icône"" image en grec, désignait
à l'origine toute image religieuse, fixe ou portative quelqu'en
soient la technique : peinture, mosaïque, marbre, ivoire etc
mais c'était pour le culte et la prière que les Icônes
étaient élaborées. Au fur et à mesure des
années, le terme ""Icône"" s'appliquera
à une peinture sur panneau de bois mobile, destinée à
être vénérée par les fidèles.
Les plus anciennes qui nous sont parvenues datent du VIème VIIèmes
siècles. Le monastère Sainte Catherine (Sinaïe) les
garde avec soin. Elles sont réalisées delon la technique
des portraits funéraires dits de Fayoum (Egypte) c'est à
dire à l'encaustique, Constantinople est le<lioeu privilégié
de la formation des Iconographes, la crise iconoclastes du VIIème
siècle et l'infiltration de l'Islam, vont forcer les iconographes
à s'exiler. Ensuite, l'invasion et le pillage de Byzance par
les Turcs en 1453 fera cesser toute activité iconographique.
Il faudra attendre quelques decennies pour que des Ecoles s'ouvrent
et reprennent des activités.
Des iconographes en exil atteindront la Russie et vont favoriser l'éclosion
de l'Art iconographique russe puis son épanouissement jusqu'au
XVème siècle.
De nombreuses écoles vont s'ouvrir ayant chacune leur spécificité
propre tout en respectant le canon byzantin. C'est en 1408 que le moine
André Roublev peint la célèbre Icône de la
Trinité.
A partir de 1435, l'influence de l'Occident est grande et l'Icône
devient un objet de collection et perd alors son caractère sacré.
En 1917, la révolution fut le signal de l'émigration russe
et c'est pour l'Occident la découverte de l'Icône. L'Occident
est assoiffé de richesse spirituelle et se tourne vers l'Icône
grace aux mouvements cuméniques. Ils en saisissent le sens
profond comme ""un don de Dieu"" à tous les
chrétiens pour qu'ils cheminent tous ensemble vers l'UNITE.
Son support est une planche recouverte d'une toile et de dix
couches d'un mélange de colle de peau de lapin et de blanc d'Espagne
(ce travail est essentiel pour un beau résultat).
Après ponçage, le dessin est décalqué, puis
gravé dans l'enduit, l'or est ensuite posé puis on recouvre
le sujet des couleurs les plus foncées.
La suite du travail consiste en la pose des couleurs plus claires qui
feront apparaître les vêtements, les visages etc
"